Appel à contributions

Colloque annuel de L’African Studies Association 2019 (Boston, MA)

 

Présidents de programme:

James Ogude, Université de Pretoria – james.ogude@up.ac.za

Matthew Heaton, Virginia Tech – mheaton@vt.edu

 

ÊTRE, APPARTENIR ET DEVENIR EN AFRIQUE

 

Le thème de la conférence annuelle de L’African Studies Association en 2019 est « Être, Appartenir et Devenir en Afrique ». Alors que l’Afrique n’est pas et n’a jamais été homogène ni unitaire, l’existence de l’ASA repose sur l’idée qu’il existe des éléments qui distinguent

« L’Afrique » et les « Africains » des autres peuples et régions du monde et que ces distinctions méritent d’être étudié. Dans un monde de plus en plus préoccupé par les tensions sur le localisme, le nationalisme et le mondialisme, dans lequel tant d’essentialismes sont attaqués (et contre attaqués) de manière existentielle, nous espérons que ce thème suscitera une réflexion académique approfondie sur ce que cela a signifié et signifie maintenant pour les personnes, lieux, ressources, idées et connaissances, entre autres, d’être considérés distinctement comme « Africain ».

 

Alors que les chercheurs ont été confrontés aux effets conceptuels et matériels de la mondialisation, les différentes disciplines des études africaines ont également adopté des venues transnationales, internationales et comparatives au cours des dernières décennies. En dépit de ces efforts visant à imbriquer l’Afrique avec son ailleurs et à souligner nos frontières floues et nos identités croisées, il existe toujours des débats, des valeurs et des conséquences importantes associées à ce qui appartient à l’Afrique et à ce que cela signifie d’être « africain » dans un monde de rapport de forces inégales, d’échanges étendus de ressources et de connaissances et de luttes continues pour la souveraineté, la représentation et l’inclusion. L’estompement des frontières et des identités croisées ne signifie pas toujours l’atténuation des antagonismes structurels ni le mépris des différences culturelles. Le défi consiste à trouver des moyens de parler des courants culturels sous-nationaux et transnationaux de manière à intégrer des connexions plus larges, de manière à prendre en compte les circonstances locales ainsi que les circuits mondiaux. En proposant « Être, Appartenir et Devenir en Afrique », nous ne cherchons pas de définitions essentialistes, mais plutôt un engagement quant à la manière dont les discours publics et nos diverses disciplines abordent explicitement ou implicitement où, quoi et qui est distinctement « africain » à la lumière d’événements et tendances récentes.

 

Qui appartient à ou en Afrique ? L’histoire du continent a depuis longtemps reconnu les flux de population entrante et sortante, ainsi que les migrations internes comme  des facteurs importants dans la relation des peuples africains entre eux et avec le monde entier. Ces migrations ont conduit à des échanges de gènes, de matériaux, de cultures et de connaissances au cours de nombreux siècles.  La longue histoire des échanges entre l’Afrique et ses « ailleurs » –l’océan indien et le monde Atlantique noire, par exemple–pourrait être la clé pour définir les différentes manières d’être et d’appartenir. Ces derniers temps, la migration forcée et volontaire vers l’Europe et l’Amérique du Nord, ainsi que la circulation des biens et des idées entre ces espaces, ont continué à façonner les relations de l’Afrique avec le reste du monde. Les récents discours sur les immigrants africains, en particulier dans les médias occidentaux, ont continué à renforcer l’image de l’Afrique comme symbolisant l’insoluble, le muet, l’abject et en effet l’autre monde. Mais ils ont également exposé les tropes de la mobilité, de voyage, du nomadisme et de la flexibilité dans la théorie critique postcoloniale.

 

Comment les discours, sur la nature et la signification de l’Afrique, contraignent-ils, permettent-ils où, d’une autre manière, façonnent-ils les possibilités d’être et d’appartenir au corps

humain ? Les gouvernements africains ont continué à manipuler les catégories d’appartenance et de citoyenneté à des fins politiques. Et tout aussi souvent, les mouvements sociaux ont cherché à contester ou à redéfinir les limites de l’inclusion politique en prônant non seulement les biens matériels, mais également la participation plus large à l’élaboration des politiques ou des principes.  Comme le montrent les efforts actuels pour réprimer les droits des homosexuels dans certaines régions d’Afrique, cette limite fabriquée n’est pas toujours progressive : elle peut aussi restreindre, exclure et affecter les relations internationales et intergouvernementales de diverses manières.

 

Quelles idées, ressources et artefacts appartiennent à ou en Afrique ? Au niveau des institutions, des cultures, des connaissances et des croyances, nous savons que diverses mythologies et philosophies africaines partagent fréquemment des caractéristiques fondamentales les unes avec les autres, ainsi qu’avec les cultures non africaines. Les Africains ont historiquement contribué de manière significative au développement de connaissances scientifiques et humanistes considérées aujourd’hui comme erronément « occidentales. » Des éléments de cultures africaines – langue, musique, habitudes alimentaires et pratiques culinaires, religions, art et savoir-faire – ont eu une influence culturelle mutuelle au-delà du continent et pendant des centaines d’années. Les musiciens, artistes et cinéastes africains produisent des œuvres « Africaines » pour un public de plus en plus mondialisé, alors même que les consommateurs africains ont de plus en plus accès au et penchants pour les formes d’art disséminées par la culture de consommation mondiale. L’émergence et l’utilisation de la technologie moderne et, plus récemment, des médias sociaux, ont transformé la croissance et la diffusion de l’économie de la création artistique locale et internationale. Compte tenu de la longue histoire et de la dynamique contemporaine de tels échanges, comment distinguons-nous la créativité africaine et quelle est sa valeur spécifique ?

 

L’exploitation des ressources, des environnements et des cultures africaines sont bien connues. Cette exploitation a suscité des débats et des discours sur les droits de propriété qui devraient prévaloir : individuels, communautés autochtones, États nationaux, entreprises privées, humanité en général. Nous devons donc mieux comprendre comment la propriété des ressources, des environnements, des artefacts et d’autres contenus culturels ont évolué et changé au fil du temps et comment les conflits de propriété peuvent être résolus.  Au cœur de ces débats se trouve la manière dont laquelle les choses qui appartiennent à l’Afrique puissent être protégées, préservées et utilisées pour et au profit des peuples et des lieux africains.

 

Nous invitons les chercheurs à explorer une grande variété de questions afin d’interroger ce qu’a signifié ou signifie présentement pour des personnes, des lieux, des idées ou des choses, d’être africain ou d’appartenir à l’Afrique.

 

Sous-thèmes :

  1. Afrique Mondiale
  2. Industries extractives
  3. Réfugiés et Frontières
  4. Musées et Artefacts
  5. Environnement et Conservation
  6. Origine ethnique, Race et Nationalité
  7. Économie, Économie politique et entrepreneuriat
  8. Discours et pratiques de développement
  9. Migration, Transport et Mondialisation
  10. Partis politiques et élections
  11. Paix et sécurité
  12. Éducation
  13. Histoire et Archéologie
  14. Littérature
  15. Philosophie africaine
  16. Théoriser l’Afrique
  17. Religion et spiritualité
  18. Performance, Musique et Arts visuels
  19. Médias et Culture populaire
  20. Santé et guérison
  21. Femmes, genre et sexualités
  22. Anthropologie
  23. L’Afrique urbaine
  24. Sujets spéciaux